Quartier du Musée: une séance d’information courue

Article paru dans Le Droit le 20 juin 2017, à lire!

Quartier du musée, quelques explications.

La séance portes ouvertes sur la citation patrimoniale d’une partie du secteur du quartier du Musée à Gatineau, lundi, a autant attiré les partisans du développement immobilier que ceux de la préservation du patrimoine bâti.

Cette démarche de consultation publique a notamment permis aux principaux acteurs et aux citoyens d’approfondir leurs connaissances sur la proposition ainsi que sur les étapes du processus prévu à la Loi sur le patrimoine culturel, et de faire valoir entre eux leurs points de vue opposés lors d’échanges informels.

Un compte-rendu de la séance sera déposé devant le conseil municipal en septembre. En raison du processus qui doit être suivi, ce sera le prochain conseil de ville qui héritera de cette patate chaude.

Dans une déclaration écrite, l’homme d’affaires Nader Dormani a qualifié le centre-ville de Gatineau de « patient qui est en état critique et qui nécessite une transfusion sanguine ».

« La proposition sur la table est à notre avis contradictoire et est à 180 degrés contraire au principe de revitalisation et de développement d’un centre-ville », a pesté M. Dormani, qui a dans ses cartons un projet de condos de luxe d’une valeur de 40 millions $ dans le secteur.

Le constructeur Brigil s’oppose aussi à la proposition de désigner une partie du quartier du Musée en tant que zone patrimoniale. Les promoteurs immobiliers comme Gilles Desjardins et M. Dormani reçoivent d’ailleurs l’appui de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), qui a énoncé lundi plusieurs réserves à l’égard de la demande de citation patrimoniale. L’organisation affirme elle aussi qu’il serait plus judicieux de désigner des bâtiments dans le périmètre plutôt que de donner la désignation patrimoniale à l’ensemble de la zone.

« La CCG recommande fortement aux instances municipales de la Ville de Gatineau de considérer les freins que cette approche de zonage pourrait créer sur les investissements d’entrepreneurs », a prévenu l’organisme économique.

Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l’Outaouais (SHO), a de son côté souligné l’importance de protéger les ensembles.

« Il y a une très grande richesse et une très grande diversité architecturale dans le quartier du Musée. Il faut le préserver parce que nous avons trop perdu de notre patrimoine en raison du grand feu de 1900, et avec les démolitions dans le quartier dans les années 1960, 1970 », a plaidé M. Prévost.

« Nous ne voyons pas cette citation comme une contrainte au développement économique, a ajouté M. Prévost. Mais il n’y a pas juste l’économie. On parle beaucoup dans la région de développer un sentiment de fierté et d’appartenance. Évidemment, on ne développera pas une fierté quand on a un immense stationnement pour les voitures, mais si on préserve nos quartiers historiques, d’après nous, ça contribue à développer un sentiment de fierté et d’appartenance ».

Les gens de l’association Protégeons le quartier du Musée ne veulent pas de gigantesques tours dans le secteur.

« Nous ne sommes pas contre le développement. Il en faut. Mais la question est comment on va développer. Va-t-on dire oui à tout le monde ou garder un oeil sur la beauté et le patrimoine qu’on a ? Il faut développer d’une manière qui va complémenter et même enrichir ce qu’on a », a expliqué Lissa Constantine, femme d’affaires du quartier et porte-parole de l’association.

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